SOCIETE GENERALE : Extraits des procès-verbaux des auditions de Jérôme Kerviel

Publié le par Eric Citoyen Mulhouse

L'image “http://c.liberation.fr/actualite/economie_terre/_files/file_306757_349603.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.http://www.elsevier.nl/artimg/200801/Kerviel-vrijgelaten.jpg



Extraits des procès-verbaux des auditions de Jérôme Kerviel lire ici

"Je ne conteste pas formellement les faits qui me sont reprochés. Je reconnais avoir saisi des opérations fictives, je reconnais les annulations d'opérations fictives ; s'agissant de la prise d'une position non autorisée sur les futures, je suis un peu moins affirmatif. Mon mandat était clair : il consiste à assurer le market-making de produits (...) ne présentant pas de volatilité : certificats, warrants, trackers. Il n'y a aucune limite précise écrite signée de ma main. (...)

Avant toute chose, j'ai en tête de faire gagner de l'argent à ma banque. C'est ma première motivation. (...) Il s'agissait de faire gagner de l'argent à la banque uniquement, et en aucun cas m'enrichir personnellement. Ce qui est plus discutable, je le reconnais, ce sont les moyens développés en ce sens."



"Pris dans l'engrenage, comment imaginiez-vous pouvoir leur annoncer sans risquer de perdre votre salaire ?

Je pensais que le simple fait d'annoncer 1,4 milliard de bénéfices les satisferait.

Sans imaginer que la manière dont ils ont été occultés susciterait une sanction ?

Pour la sanction, je ne pouvais l'évaluer. La banque a pour but premier de gagner de l'argent. Comment justifier une sanction vis-à-vis d'un trader qui génère un résultat positif de 1,4 milliard d'euros (...) ?"



Et pendant ce temps...


L'image “http://images.blog-24.com/560000/558000/557803.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

pour en savoir plus cliquez sur la photo

La France compte 3,7 millions de pauvres selon la définition la plus restrictive de la pauvreté...

Modifié à 16 h 45

Publié dans Economie

Commenter cet article

Marcel 07/02/2008 07:38

Vous opposez une banque et un sans-abri. Dans tous les pays du monde, il y a des banques qui gagnent beaucoup d'argent, et il y a des sans-abri. La solution pour en finir avec la pauvreté, ce n'est sans doute pas de supprimer les banques. Ce n'est sans doute pas non plus de supprimer la bourse (acte sur-réaliste aux conséquences... pour le moins difficiles à définir). Le milliard de profit de Jérôme Kerviel, ce n'était pas pour lui. Ce milliard a été une partie du chiffre d'affaires de la Société Générale, environ 22 milliards d'euros, dont environ 17 milliards ont servi au fonctionnement de la banque (payer les 120 000 employés, les locaux, les impots, taxes, etc). Au final, il reste 5 milliards de bénéfices (sauf cette année, à cause de la perte de janvier), qui là encore ne vont pas dans la poche d'une seule personne mais sont répartis sur tous les (très nombreux) actionnaires. Les premiers actionnaires, en nombre d'actions détenues, sont les salariés de l'entreprise.

Il est facile de faire ce genre d'opposition spectaculaire, mais qu'est-ce que ça montre ? On était déjà au courant qu'il existe des sans-abri. On était déjà au courant qu'il existe des riches. Si la solution est de partager les richesses, alors je suggère que vous donniez l'exemple. On considère qu'il est possible de vivre décemment en France avec le SMIC. Si vous gagnez plus, vous devriez peut-être partager le surplus avec les personnes qui n'ont rien. Ainsi, si vous gagnez 1500 euros par mois, reversez 500 euros par mois aux sans-abri. Si vous faites ça, alors je m'inclinerai et je commencerai à me sentir coupable de ne donner que 5 ou 10 euros de temps en temps quand un sans-abri me demande de l'argent dans le métro.

Bref, ce qui serait intéressant, c'est l'analyse des faits, pas seulement une présentation caricaturale qui ne nous apprend rien. Vous qui critiquez le formatage des cerveaux effectué par la télé, sachez que même un journal de Pernaut fait preuve de plus de profondeur. J'aime bien le côté "blog indépendant des médias, libre de pensée, etc.", mais là, je ne vois pas en quoi ce billet entre dans cette catégorie. Eh oui, je vous jure que sur TF1, on a pu entendre plus d'une fois que l'écart entre riches et pauvres s'accentue. Et avec des années d'avance sur vous.

Mais je suis comme vous, je n'apprécie guère TF1. Ni le reste de la télé, car quelque soit la chaine, c'est la même entreprise de lobotomisation et de pensée unique.

Comme vous, je suis anti-libéral. Par contre, contrairement à vous, j'estime que la gauche se veut parfois anti-libérale sans se donner les moyens de ses ambitions. En premier lieu, la mondialisation se met en travers de ce but, puisqu'elle finit par uniformiser les modes de consommation, soutenant ainsi le capitalisme, qui lui a besoin de libéralisme.

C'est pourquoi je suis un FN-iste. Contrairement à ce que la télé vous a mis dans le crâne, je suis aussi fondamentalement anti-raciste (et vu mes origines, ça serait difficile de ne pas l'être), anti-libéral, anti-capitaliste. Comme beaucoup de frontistes d'ailleurs. Merci la télévision de répéter sans arrêt qu'il faut voter pour tout sauf le FN car les frontistes sont des gens haineux qui ne vivent que par la haine. Comme l'a dit Jospin il y quelque mois, "l'antifascime [de la part du PS envers le FN] n'était que du théâtre". Mais ça, je ne l'ai pas vu à la télé.

Vous affirmez être en luttre contre l'extrême-droite, c'est-à-dire contre les gens comme moi. Sachez d'abord contre qui vous luttez : Je suis plutôt pauvre, homosexuel, jeune, ma mère et mon père sont nés bien loin de la France, l'un dans l'hémisphère nord et l'autre dans l'hémisphère sud (mais je suis né en France). Je crois que les petites gens sont soumis à une beaufisation de la part de la nouvelle classe moyenne lobotomisée et infantilisée par le capitalisme (merci la gauche et la droite, pour moi Sarko, Ségo, Bayrou ou autre vendu par la télé, c'est presque pareil). Je suis bien plus inquiet pour l'ouvrier simple et authentique que pour le bobo fashion-branché, et je pense que la société tend vers la bobo-isation, à cause du capitalisme. Certes pas au niveau du porte-monnaire, mais au niveau de la personnalité. Superficiel, arrogant, obsédé par le modèle de son I-Pod et la marque de son slip (non pardon, de son boxer, ben oui les départements marketing ont créé le besoin d'avoir des dessous à la mode chez les hommes, comme ça on dépense plus), éloigné des contingences de la vie, etc. Voilà le nouveau français. Comme le dit mon sociologue préféré, je me sens bien plus proche d'une personne d'orgine maghrébine qui partagent mes valeurs que du bobo bien français adepte de ce que tous les départements marketing du monde ont rendu à la mode (des choses vachement importantes, on l'a vu). Quand j'ai la chance de voyager, je vais toujours dans des pays plus ou moins pauvres. C'est un bohneur de voir la simplicité et l'authenticité de toute une population. C'est sûr que dans un petit village de l'Inde, les habitants en ont rien à foutre des slips Calvin Klein, de la gamme Nivea For Men, de l'I-Pod, et ne mangent pas un Anelka Burger chez Quick ou un MegaMax Cheese de chez Starbucks. Par contre, ces gens subiraient le syndrôme "deschiens" chez nous. Ben oui, ils sont pauvres, ils ont pas forcément été beaucoup à l'école, ils ont rien à foutre de la dernière collection printemps/été de H&M, et ils préfèrent la musique traditionnelle au dernier morceau électro-punk de Daft Punk. À faire miroiter du people à tout bout de champ, voilà où on en est.

Et si vous preniez la peine de vous savoir qui sont les électeurs FN avant de les combattre, vous constateriez que le noyau dur, ceux qui se déplacent pour suivre les conférences, qui militent, etc. sont pour beaucoup des gens comme moi. C'est-à-dire tout sauf raciste, haineux, etc. Seulement voilà, le capitalisme n'a pas besoin d'un Le Pen au pouvoir, car la France c'est petit par rapport au Monde. C'est-à-dire que les frontières et l'anti-libéralisme (le vrai, pas à la sauce PS) ne permettent pas la globalisation de l'économie et la maximisation des profits. D'où l'entreprise de lobotomisation anti-FN. En 1992 Le Pen a dit une phrase pouvant être interprétée comme raciste ! Terrible ! En même temps, on passe sous silence tous les actes anti-racistes de Le Pen, dont certains ont été précurseurs (années 50, alors que tout le monde s'en foutait et que ça n'attirait aucun électeur).

Bref, merci de lutter contre moi, mais je suppose que c'est la télé que je devrais remercier.