Site en Maintenance...3

Publié le par Eric Citoyen Mulhouse

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Bonjour à toutes et tous,

Site toujours en maintenance...pour 1 jour ...!

Vive les contrats d'armements ?

Un grand bonjour à celles et ceux qui passeront pendant ce temps, me dire un petit bonjour, ils recevront... un bisous .

En attendant, ne profitait pas de mon absence pour regarder la télé !


A bientôt.

Bonne journée & Bonne chance ... en Sarkoland le nouveau pays des droits de l'Homme.

Bésitos de Jean-Marie.


Eric Bloggeur Citoyen Résistant

PS : " CASSE TA TV" c'est ta seule chance !

Publié dans Informations

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Fabio 13/12/2007 03:18

Realpolitik et opportunisme, la recette de l'Elysée

En invitant Muammar Kadhafi en France, Nicolas Sarkozy a fait preuve d'audace et de pragmatisme. Car le leader libyen est désormais un allié de l'Occident avec qui il vaut mieux compter, note le quotidien milanais Il Sole-24 Ore.

Les Italiens s'étaient donné bien du mal pour "dédouaner" le colonel Kadhafi en Occident, mais ce sont les Français qui ont remporté le jackpot : en accueillant le leader libyen à Paris, le président Nicolas Sarkozy a annoncé la conclusion de contrats pour 10 milliards d'euros. L'Italie reste le premier partenaire commercial de Tripoli (15 milliards d'euros d'échanges commerciaux, dont les trois quarts en importations de gaz et de pétrole). L'ENI [la régie italienne de l'énergie] reste le premier investisseur étranger dans la Jamahiriya, mais la France devient, comme l'Allemagne, l'un des principaux concurrents de l'Italie. Et cela grâce à une diplomatie peu regardante sur les principes et peut-être aussi à quelque accord scellé en secret quand, en juillet dernier, Cécilia, l'ex-épouse de Sarkozy, avait ramené chez elles les infirmières bulgares et le médecin palestinien condamnés par le régime de Tripoli.

Il était alors déjà évident, et ça l'est plus encore aujourd'hui, que la libération de ces malheureux innocents avait une contrepartie. Paris devait devenir l'Amphitryon grâce à qui la "Nouvelle Libye" serait à nouveau admise dans les salons de la diplomatie internationale.
En vérité, Tony Blair avait lui aussi participé à ce noble empressement à dérouler le tapis rouge devant Kadhafi, en se rendant à Tripoli pour rouvrir à Shell la voie des contrats pétroliers. Mais les Français ont été les plus concrets et les plus efficaces : ils vont regarnir copieusement les arsenaux de Kadhafi en lui vendant des avions civils (Airbus) et militaires (Dassault) et même en lui fournissant une centrale nucléaire civile pour la désalinisation, ce qui portera le prix de l'eau en Libye à celui du bordeaux.

Mais ce sont là des détails. La France a été habile et a su choisir le bon moment pour donner au leader libyen ce qu'il voulait : un investissement en termes de sécurité et de confiance sur la durée de son régime, un engagement à perpétuer son pouvoir et celui de ses héritiers. A commencer par Seif El-Islam, qui apparaît de plus en plus comme le dauphin de Muammar, le visage moderne et progressiste de la tribu Kadhafi, qui annonce sans détours son intention de faire de Tripoli un nouveau Dubaï. Sans doute n'est-ce pas un hasard si c'est lui, au titre de directeur de la Fondation Kadhafi, qui a démêlé les affaires les plus inextricables, des infirmières bulgares au paiement des compensations pour les attentats contre le Boeing de la Pan Am à Lockerbie et celui contre l'avion français de la compagnie UTA. Seif, alors qu'il terminait son doctorat à la London School of Economics, a engagé Michael Porter, célèbre professeur de Harvard, comme conseiller pour les nouveaux plans économiques de Tripoli. Il est inutile de s'indigner, comme le fait le ministre français Bernard Kouchner : il se pince le nez mais, en même temps, il se réjouit des nouveaux emplois que les contrats signés avec Paris vont générer.

En France, les défenseurs des droits de l'homme protestent avec raison contre les injustices d'un autocrate qui n'a pas hésité à faire tirer sur les opposants. Mais Kadhafi est aujourd'hui un allié de l'Occident. Ce Kadhafi qui, à une certaine période, finançait le terrorisme et qui aujourd'hui passe la corde au cou des intégristes islamistes sunnites et chiites est sur de nombreux points d'accord avec l'Occident. Peu importe si au sommet UE-Afrique de Lisbonne il a justifié le "terrorisme des opprimés" : c'était une concession à l'auditoire tiers-mondiste d'un ex-révolutionnaire devenu, comme ses collègues nord-africains – algériens, tunisiens, égyptiens –, plutôt un gendarme qu'un chef de gang.

Kadhafi est le vrai anti-Ahmadinejad, un gardien de la révolution domestiqué qui a compris la leçon et les avantages d'une amitié avec l'Occident. Certes, il ne renoncera pas à des volte-face et à des coups de théâtre. Et il va, hélas, en réserver une partie à l'Italie, exclue de sa tournée européenne. Il est clair que, pour le moment, il n'a aucune envie de régler le contentieux bilatéral avec Rome : le leader libyen continue à exploiter le passé colonial comme facteur de cohésion pour maintenir la fragile unité du pays, comme une arme de chantage et de propagande. Ce sera la seconde génération Kadhafi qui refermera cette page d'Histoire, celle de Seif et de ses frères, qui n'a pas connu le régime colonial italien, mais qui a su apprécier ses vrombissantes Ferrari et les paillettes de ses bimbos.

Alberto Negri
Il Sole-24 Ore