Droitier contrarié... et ta soeur !

Publié le par Eric Citoyen Mulhouse

Bonjour à toutes et tous,

Encore, un article sur notre secrétaire d'état UMP Jean-marie BOCKEL, un homme de gauche et de droite , sans rire !

Il faisait campagne pour Ségolène et il était de gauche , toujours sans rire !

Pauvre, Jean-marie BOCKEL en voilà un homme qui souffre de la méchanceté des autres !

Un article qui réchauffe celui du monde déjà en ligne sur le site.

Un article qui illustre à merveille le foutage de gueule façon extrême droite UMP

Un article qui donne encore un peu plus la nausée... Pour les toilettes c'est à droite à coté des caniveaux !

Luttons - Résistons

Eric bloggeur de gauche Mulhousien


PS : "CASSE TA TV UMP de droite" c'est ta seule chance !


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Droitier contrarié et ta soeur ...

Droitier contrarié
Jean-Marie Bockel, 57 ans, secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie. Catho et «fanamili», le maire de Mulhouse quitte sans regret un PS qui moquait son blairisme.
Par DÉLY RENAUD, photo LÉA CRESPI
QUOTIDIEN : mercredi 25 juillet 2007
En attendant son ministre, la chargée de communication s’étonne encore du monde où elle a mis les pieds : «Les conseillers de com’ de Sarkozy, c’est drôle, ils se ressemblent tous ! Ils n’ont pas la même tête que chez nous.» «Chez nous» ? Comprendre : à gauche. Chantal a du mal à réaliser qu’elle a changé de camp. Elle ne parle que d’ «elle». «Elle a été courageuse.» «Elle a pris des risques.» «Les éléphants n’ont vraiment pas été chic avec elle.»
«Elle», c’est Ségolène Royal. Quelques minutes plus tard, à table, Jean-Marie Bockel récite spontanément ses états de service en faveur de la candidate socialiste. Il a présidé son comité de soutien dans le Haut-Rhin, l’a accueillie à Mulhouse, l’a servie sans état d’âme et a fait «loyalement» sa campagne jusqu’au bout. «Loyalement» : l’adverbe revient comme un leitmotiv dans la bouche du transfuge.
Comme pour alléger la conscience de ce catholique pratiquant et colonel de réserve, fils de notaire et neveu d’archiprêtre, rejeton de l’accouplement du sabre et du goupillon. Adolescent, il rêvait de devenir prêtre. Et il ne rate toujours pas la messe.
A la table du ministère, il sermonne le personnel, coupable de lui avoir servi du vin d’Alsace. L’intention était louable : c’est la production de son grand-père. Mais Jean-Marie Bockel ne boit pas de tokay : «Trop lourd, trop fort.»
Strict, Bockel est plutôt imperméable à l’humour. Quand il veut en faire preuve, il lâche : «La religion fait partie de ma Weltanschauung [conception du monde, ndlr].» Vingt ans de chevènementisme, amour du drapeau et respect de la Marseillaise ont fait le reste. Pour les loisirs, c’est opéra et marches en montagne, Marie-Odile, son épouse depuis trente ans, toujours à ses côtés. Pas vraiment le style «nouveau riche» de la saga Sarkozy. Le nouvel adepte évacue : «Je marche comme d’autres font du footing.» Rompez !
Il confesse bien du stress lié à sa situation de «sans famille» depuis qu’il est passé à droite. Il a enregistré la démission de son deuxième adjoint à la mairie de Mulhouse et reçu deux lettres critiques de couples d’amis. L’une acide, l’autre «vraiment méchante» de la part de «copains qui dînaient encore quinze jours avant à la maison. Je n’ai pas osé la montrer à ma femme». Pourtant, Bockel insiste : il a rompu «proprement» avec la gauche. Pas comme Eric Besson, passé en pleine bataille d’un camp à l’autre. Il n’a pas davantage suivi la méthode Kouchner, entré au gouvernement au lendemain de la présidentielle. Bockel, lui, fut capable de cosigner une tribune anti-Sarkozy dans Libération, le 11 juin, et de le rallier une semaine plus tard. Le voilà donc à la fois «loyal dans la rupture avec la gauche» et «loyal dans l’adhésion aux réformes du Président». Sacré tour de force !
Il s’en est fallu d’un rien que le maire de Mulhouse n’émarge lui aussi à la catégorie «caricature de félon». La trahison, c’est simple comme un coup de téléphone. Celui de Jean-Marie Bockel n’a pas sonné avant la présidentielle. «Heureusement. car je sais que j’aurais dit oui.»
Pendant des semaines, il faisait consciencieusement la campagne de Ségolène Royal le jour. Et, la nuit, il se réveillait le front en sueur, le dos glacé, en imaginant que Sarkozy l’appelait au gouvernement. Un rêve plutôt qu’un cauchemar tant Bockel espérait rejoindre ce leader qu’il s’est toujours bien gardé de caricaturer. Sécuritaire dans sa ville de Mulhouse, il sympathise peu à peu avec le ministre de l’Intérieur. Ses enfants l’ont précédé sur l’autre rive. Des quatre qui sont en âge de voter et avaient choisi Ségolène au premier tour, deux ont basculé chez Sarkozy dès le 6 mai. Le petit dernier, 16 ans, veut devenir pilote de chasse et séjournait en Angleterre au moment où son père a franchi le pas. Quand son père l’a eu au téléphone, après l’annonce officielle, le fils, inquiet, lui a demandé : «Qui est au courant ?» «La France entière !» a répondu le papa ministre.
Le chef de l’Etat n’a pas eu de mal à le convaincre. Le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, l’a appelé pour qu’il passe voir le Président, un week-end. Bockel a débarqué ventre à terre dans le bureau de Sarkozy dès le vendredi soir. Une demi-heure de discussion et l’affaire était faite. Sans que jamais les deux hommes n’évoquent la mission du nouveau venu. «Pour le poste, vois avec Claude», lui a glissé Sarkozy. Bockel espérait la formation professionnelle, voire la fonction publique, «mais c’était trop dangereux avec les syndicats pour un socialiste rallié». Il a atterri au secrétariat d’Etat à la Coopération et à la Francophonie. Par hasard. Quand on l’interroge sur son rôle, il parle du titre plutôt que du contenu : «Vous vous demandez pourquoi un senior comme moi accepte un simple poste de secrétaire d’Etat ?» A 57 ans, il retrouve un rang qu’il occupait déjà à 34, benjamin du gouvernement Fabius, à l’époque comme secrétaire d’Etat au Commerce, à l’Artisanat et au Tourisme. Bockel souligne qu’en février 1986 il fut élevé au rang de ministre pour un mois par François Mitterrand.
Le grade a son importance pour ce «fanamili» dont l’ego a souffert d’un manque de reconnaissance. Toujours soucieux de rompre «proprement», Bockel a passé un coup de fil à François Hollande la veille de sa nomination. «Tu te trompes, ta place est parmi nous», lui a répondu le premier secrétaire du PS. «Tu aurais dû me le dire plus tôt», réplique Bockel. Pendant dix ans, vilain petit canard blairiste égaré au pays du jospinisme, le Petit Chose du socialisme a souffert des humiliations de ses camarades. Le cas Bockel, on en souriait à la tribune des grands-messes socialistes, et on s’en moquait dans les couloirs. François Hollande n’a jamais été en reste d’une vanne pour ironiser sur le dos de ce pauvre hère qui se piquait de théoriser un «social-libéralisme» qui lui a valu 0,6 % des voix des militants au congrès du Mans, en novembre 2005 : «Mon chant du cygne», dit Bockel. Au Mans, il s’est exprimé sept minutes devant une salle aux trois quarts vide et dans un brouhaha continu. «Personne ne l’écoutait, Jean-Marie l’a très mal vécu, il a été profondément blessé», se souvient un de ses proches. C’est quand même grâce à lui que la gauche a obtenu deux sénateurs dans le Haut-Rhin, «pour la première fois depuis Napoléon», rappelle-t-il.
En matière de tactique, Bockel n’est pas toujours un aigle. C’est au début de l’année 1997 qu’il se met à fustiger bruyamment «l’archaïsme» du PS et qu’il rompt avec Lionel Jospin. quatre mois avant que celui-ci ne remporte les élections législatives. S’ensuivent dix années de traversée du désert en solitaire. Cette fois, à son cabinet, il a récupéré son ami de trente ans, l’ex-député chevènementiste Michel Suchod, et le strauss-kahnien ­Joseph Zimet, époux à la ville de Rama Yade, sa collègue chargée des Droits de l’homme. Mais il a beau multiplier les «discours fondateurs», Bockel redoute que son retour aux affaires ne soit qu’éphémère. Qu’il perde la mairie de Mulhouse en mars et il aura tout perdu. Il assure ne pas craindre la députée UMP Arlette Grosskost, qui ne décolère pas contre son entrée au gouvernement. «Elle est très seule et Sarkozy s’en occupe.» Quoi qu’il se passe, Bockel se dit certain de ne rien regretter. «J’avais trop besoin de l’odeur du soufre.» Il se reprend : «Euh. de la poudre.» Militaire et catholique jusqu’au bout du lapsus.
Jean-Marie Bockel en 6 dates
1950
Naissance à Strasbourg.
1973
Adhère au PS via le Ceres de Chevènement.
1981
Député du Haut-Rhin.
1984
Secrétaire d’Etat au Commerce dans le gouvernement Fabius.
1989
Maire de Mulhouse.
2007
Secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie dans le gouvernement Fillon.

Publié dans Sarko-Blairisme

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